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Télé Déculottée

La télé décryptée par Pauline

Catégorie

Analyse

Cette rubrique regroupe les articles qui ne sont pas rattachés à une émission particulière. Ils portent sur des réflexions, parfois en lien avec l’actualité, mais parfois propres aux auteurs.

UN 5 A 7 PEU CONCLUANT

Comme bien souvent depuis sa création, Télédéculottée reprend la plume pour s’indigner. Non, aujourd’hui il n’est pas question de téléréalité, de candidats nus sur une plage comme le titre pourrait le laisser entendre, ou d‘une villa où vivent des coeurs brisés. Non, ce soir il s’agit d’une émission en plateau, de chroniqueurs autour d’une table, d’un animateur phare. Je parle bien sûr de la nouvelle émission d’Arthur, ou le monsieur qui pense être toujours à la page alors qu’il était déjà sur TF1 avant ma naissance, au début des années 1990. Lire la suite

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De la téléréalité à l’outil de communication

C’est dans un contexte bien singulier que Télé déculottée reprend la plume, à l’heure où l’ombre tragique des événements récents plane toujours sur les esprits. Mais nos sens aiguisés ont été  alertés par une émission intitulée « Aux prises avec la loi », nous rappelant à nos devoirs de téléphiles aguerries. Lire la suite

Pourquoi les émissions de téléréalité basées sur l’amour plaisent-elles autant?

L’amour est aveugle, Qui veut épouser mon fils ?, L’Amour est dans le pré, L’Ile de la tentation, Les princes de l’amour, et dernièrement Bachelor, gentleman célibataire.

Vous l’aurez compris, qu’il soit aveugle, dans le Pré, ou au prochain village, l’amour est partout.  Lire la suite

Du confessionnal au bureau de vote

 « La question n’est pas : qui va m’autoriser ? La question est qui va pouvoir m’arrêter ? » Richard Branson met en exergue ces questions inhérentes à l’ambition où rien ne parait s’assimiler à des obstacles. Bien au contraire, cela ressemble à des limites à franchir avec audace. Alors, après la télévision, pourquoi pas la politique, tant qu’on y est?

Cindy Lopes, candidate exubérante du reality-show de TF1 est sous les feux des projecteurs. Pour une love story à la une de Voici ? Pour des photos X en couverture de Lui ? Que nenni ! Ce sont des articles entiers dans le Nouvel Observateur, le Huffington Post… Cindy Lopez rejoint la sphère de la politique.

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Crédits photo LeParisien

Il faut préciser que François Jost, grand nom de la sociologie des médias, en réfléchissant aux facteurs de succès de la télé-réalité, avait pointé du doigt la défiance des citoyens vis-à-vis du pouvoir politique. Ainsi, nous, citoyens, trouvons, dans le fait de pouvoir voter pour des personnes anonymes à la télévision, un moyen de réagir face à cette confiscation de la parole, en propulsant qui bon nous semble dans la sphère publique. Sphère publique dont l’accès était, jusqu’alors, verrouillé. Ce qu’on remarque, c’est que cette analyse n’était pas dénuée de sens…

Retour en arrière. Cindy Lopes, la culottée de la bande de Secret Story affirmait avec vigueur ses positions féministe avec son « girl power ». On se souvient d’elle et son lait d’ânesse ou bien d’elle en train de s’énerver contre l’un de ses malheureux confrères. On se souvient aussi de sa petite baignade dans la piscine de la maison, nue. Elle plaidait pour que les femmes s’assument, pleinement. Mais, une fois éliminée et une fois l’émission achevée, après quelques brèves apparitions à quelques soirées sans trop d’importance, on l’oublie. Finis les primes de TF1, fini les clins d’œil à un Castaldi alors triomphant. Cindy redevient une citoyenne.

Alors, voilà, la Cindy d’aujourd’hui, c’est cette citoyenne, qui se pose en pin-up, qui intervient pour défendre sa liste divers droite dans la grande couronne parisienne. Elle est troisième de liste, et elle y croit.

Alors voilà, c’est Cindy, qui a fait les unes des magazines people d’un cynisme sans nom, qui revient sous les feux des projecteurs pour s’impliquer dans la vie publique.

A quand une politique au sens noble du terme ? A quand une politique au service de ses concitoyens où l’on ne remplace pas le verbe « servir » par « se servir » ? Cindy, une idée ? Après le « girl power », bientôt un « citoyen power » ?

Mathilde A.

Chère télévision, façonne-moi une image.

C’était en 2011. François-Xavier, dit FX, candidat de l’émission Secret Story, avait soudainement choisi d’arrêter de suivre le cours de sa vie, en se jetant sous les roues d’un véhicule. Il avait 22 ans. Un geste interprété comme le résultat d’un décalage entre la manière dont il était perçu par le public, et l’image qu’il pensait renvoyer. Décalage violent qu’il ne pouvait supporter, puisque le retour à l’anonymat l’avait brisé de l’intérieur. Nous sommes trois ans plus tard, nous avons oublié FX, et la téléréalité continue de propulser des individus anonymes sur le devant de la scène médiatique, pendant des périodes brèves. Nous y sommes, en quelque sorte, habitués.

         Mais voilà, ce jeudi 6 mars, un vent d’effroi a de nouveau soufflé. Un fait divers en provenance de la Corée du Sud a agité la chronique dans les médias du monde entier. La téléréalité a fait une nouvelle victime. Elle participait à un programme visant à trouver l’âme sœur, elle s’appelait Chun et était âgée de 29 ans. Elle a décidé de mettre fin à ses jours, et – le diable est dans les détails – s’est pendue avec le fil d’alimentation de son sèche-cheveux. En cause, la pression trop forte subie pendant le tournage, et l’image que donnaient d’elle les producteurs, dont elle n’était pas satisfaite.

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         Cette émission, « Jjak » en coréen, réunit pendant une semaine vingt candidats dans une maison qu’ils appellent « l’hôtel de l’amour ». Car leur but, c’est de trouver cet amour. Seulement voilà, ce n’est pas aussi simple : ils doivent participer à des défis soigneusement organisés par la production, où ils sont poussés à bout nerveusement, avec à la clef un rendez-vous galant. S’ils échouent, ils peuvent être exclus pour une durée déterminée de la collectivité. Évidemment, ils continuent pendant ce temps là à être filmés, de manière à ce que leur solitude puisse être partagée avec le pays entier.

         Chun était perçue comme solitaire, triste et impopulaire. Elle avait fait savoir, lors d’une conversation téléphonique avec sa mère, qu’elle ne pourrait jamais retourner vivre en Corée du Sud si l’émission était diffusée. Elle a fait ses adieux dans une lettre, où elle explique son geste et le sens qu’il faut lui donner.

A la suite de cet événement tragique, face aux critiques, à l’investigation policière, et à la déferlante de témoignages de candidats disant avoir été maltraités par la production, le tournage de l’émission s’est brusquement arrêté.

Alors, la téléréalité va-t-elle trop loin ? La mort de FX était-elle le signe annonciateur de dérives à venir ?

         Rassurons-nous tout de suite, la Corée du Sud est un pays très spécifique. Puissance économique en plein essor, on la connaît pour Samsung, Hyundai, ou encore LG. Mais on la connaît aussi pour son industrie culturelle à part entière, pour sa k-pop qui représente 4000 milliards de wons, et bien évidemment pour son gangnam style et son record de vue sur Youtube. Depuis peu, on la connaît aussi pour autre chose : son taux record de chirurgie esthétique, puisqu’une femme sur cinq y a recours. Et comme la téléréalité a le don de s’inspirer des tendances sociétales, voici qu’une émission, « Let me in », a propulsé cette pratique sous les projecteurs. Il est vrai qu’on connaissait déjà Extreme Makeover, production américaine diffusée sur ABC, qui avait déjà navigué sur les eaux tumultueuses de la chirurgie esthétique. Cependant l’émission coréenne va vraiment très loin. Le principe est simple : un appel à candidature est lancé dans tout le pays. Et, parmi la foule qui se présente au casting, seules quelques unes des jeunes femmes pourront bénéficier de l’intervention d’un prestigieux chirurgien. Pour être sélectionnée, rien de plus simple : raconter avec toute l’émotion et la douleur possible les souffrances qu’engendrent un physique non avantageux. Car dans une société où l’apparence a pris une telle ampleur, le fait de ne pas être satisfait de soi provoque le désintérêt des autres. Les moqueries. Les critiques. Et le mal-être s’installe. Plus le jury perçoit la dépression aiguë des candidates, et plus ces dernières ont de chances de participer à cette aventure qui changera définitivement leur vie. Une fois opérées, elles sont enfermées dans un appartement, et sont filmées durant leur convalescence. Lorsque l’on découvre le résultat, ce sont de véritables poupées aux visages absolument parfaits, des visages pratiquement identiques, alors que les candidates ne se ressemblaient pas du tout avant les opérations. On a gommé tout ce qui faisait leur identité. D’ailleurs, une mère de famille avait reçu sur le plateau son plus jeune fils, une fois sa transformation effectuée. Ce dernier ne l’avait pas reconnue.

Là, il ne s’agit plus de passer par la télévision pour se créer une image sociale, il s’agit d’utiliser ce média pour devenir quelqu’un d’autre, physiquement, et c’est irréversible. On ne change pas l’image, on change le réel.

Let me in - before/after

Alors, on se dit que tant que la chirurgie esthétique n’est pas aussi démocratisée dans notre cher pays, nous ne risquons pas de faire face à ce type d’émission. Que notre industrie du divertissement n’atteint pas les sommets de la Corée du Sud, et que, malgré les critiques fustigeant la téléréalité, nous avons tout de même une certaine mesure dans la manière de produire nos programmes de flux. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de s’inquiéter, car les formats évoluent et s’exportent… La France résistera-t-elle ?

Magali G.

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