Comme bien souvent depuis sa création, Télédéculottée reprend la plume pour s’indigner. Non, aujourd’hui il n’est pas question de téléréalité, de candidats nus sur une plage comme le titre pourrait le laisser entendre, ou d‘une villa où vivent des coeurs brisés. Non, ce soir il s’agit d’une émission en plateau, de chroniqueurs autour d’une table, d’un animateur phare. Je parle bien sûr de la nouvelle émission d’Arthur, ou le monsieur qui pense être toujours à la page alors qu’il était déjà sur TF1 avant ma naissance, au début des années 1990.

Quand on observe les audiences et le mauvais démarrage de l’émission (1.3 million de téléspectateurs seulement), il est facile, me direz-vous, de la critiquer. Mais Télédéculottée se révolte contre ce programme qui symbolise une tendance en vogue depuis plusieurs années: le retour à la vieille télé. Par peur de ne pas satisfaire leur audience, leurs annonceurs, ou de ne pas rentrer dans leurs coûts, les chaînes évitent la prise de risque. On évite de mettre trop de digital, de peur de « se prendre le mur ».. comme Rising Star. On cherche le nouveau The Voice, la personne qui nous proposera un concept novateur, avec des sièges qui se retournent, et pourtant à la moindre proposition on prend peur, on freine, on demande de revenir aux bases. Back To basics, pour faire face à l’incertitude et à la montée d’une nouvelle fenêtre de diffusion qu’on ne maîtrise pas et qui nous effraie: internet. Surtout quand il fait naître de nouvelles formes de consommation de contenus vidéos, de nouveaux modes d’écriture et de nouveaux talents.

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Et on se dit que pour justifier ce retour à la vieille télé, on va l’assumer à fond, mettre un logo à l’ancienne, faire démarrer l’émission avec des danseuses aux airs de Claudettes et surtout, prendre un animateur connu et reconnu, parce qu’on pense encore -hélas- qu’un animateur seul suffit à porter un programme. Mais oui, l’ancien c’est tendance, la mode c’est un cycle, s’habiller comme dans les années 1990 c’est hipster. Sauf qu’en télé, l’adage ne se vérifie pas. A l’ère du gratuit, de l’instantanéité et de Twitter, proposer un jeu payant par sms ou par appel ne fonctionne plus. Et pour gagner quoi ? L’opportunité de se faire appeler en direct et d’avoir la chance de parler avec Arthur devant la France entière ?  Je suis désolée, mais je crains que Périscope, Snapchat et autres applications smartphones n’aient déjà ringardisé votre promesse d’instantanéité. Le but était sûrement de viser les personnes plus âgées, qui n’utilisent pas les réseaux sociaux, ne comprennent pas les hashtags proposés par Hanouna pour jouer dans TPMP. « La ménagère » comme on aime à l’appeler dans le milieu. Dommage, celle-ci non plus n’est pas venue puisque ce sont majoritairement les hommes de 15-34 qui ont regardé le programme.

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En somme, reprendre des chroniqueurs qui ont connu leur heure de gloire à la télé en 2002 (Christine Bravo, Carole Rousseau, Marianne James), en ajoutant un animateur pilier de la chaîne ne suffit en rien. La promesse n’est pas claire (mais quel est vraiment le but de cette émission?), les chroniqueurs surjouent, les blagues sont lourdes, tout le monde parle en même temps. En résulte une cacophonie fatigante, ennuyante et surtout révoltante. Comment peut-on encore proposer ce genre de télévision d’un autre temps ? En compensant par le look djeun’s d’Arthur ?  En tentant d’emprunter les codes de Touche Pas A Mon Poste (appel en direct, jeu de la couscoussière etc) ? On répond tout simplement non, et on passe notre chemin – en langage Tinder on swipe à gauche – après un 5 à 7 peu concluant.

Par Pauline

5 à 7

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