Après le ski, la Grèce, les Etats-Unis ou encore le Maroc, c’est à Marbella que les nordistes ont posé leurs valises. Ou plutôt sur W9 tous les soirs depuis la fin du mois d’août. Télédéculottée a suivi leurs aventures aux quatres coins du globe, s’est attachée à eux, s’est lassée, s’est amusée, mais surtout Télédéculottée les a analysés pour vous.

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Le programme semble s’être solidement installé sur W9 depuis 3 ans, et a vu naître son alter-ego sudiste, aux accents marseillais, conquérir lui aussi la chaine. Vous n’avez jamais suivi le programme ou ne connaissez pas le concept ? C’est facile, des jeunes nordistes – appelés couramment « les Ch’tis » – partent dans des destinations célèbres pour leur vie nocturne très festive et tentent de s’y faire une place. Ils sont barmans, danseurs, serveurs, DJ et surtout, ils sont Ch’tis, avec tous les préjugés que cela comporte.

Les participants sont donc choisis pour leur accent nordiste très prononcé, pour leur mauvaise maîtrise du français, pour leur caractère bien trempé ou leur physique télégénique. La force du programme réside dans son casting : l’équipe a sélectionné des candidats auxquels le public s’est attaché, et dont les aventures passionnent. La production a créé un noyau solide autour de Gaëlle, Tressia, Jordan, Adixia, Hillary et Vincent. Il est donc plus facile de renouveler l’émission, quand on sait que ce petit groupe suffit presque à attirer l’audience.

Mêmes participants, mêmes buts, mêmes couples, mais sans lasser le public pour autant. Comment W9 réussit là où d’autres ont échoué ? En poussant les participants à installer une proximité affective avec leur public. Certes ils aiment leur petite célébrité, participer à une téléréalité, mais ils réussissent à donner l’illusion d’une sincérité. Les couches de maquillage, les jolies tenues ou les soirées bien arrosées n’ont pas effacé la simplicité dont ils font preuve et qui favorise l’identification. Les Ch’tis traversent des crises de couple, de jalousie, de confiance en soi, qui sont des expériences que chaque téléspectateur peut vivre. Contrairement à la majorité des programmes de téléréalité, celui des Ch’tis a vu naître des couples qui durent, et qui semblent vivre et partager les joies et les peines de couples ordinaires. Le coup de maître est donc le casting désormais identifié, dont on oublie les mises en scènes et jeu d’apprentis comédiens. Le résultat paie : que le scénario soit écrit à l’avance ou non, que les disputes soient mises en scène ou spontanées, le fait est que le tout semble vrai et que cela fonctionne.

Officiellement, les Ch’tis sont là pour percer dans le monde de la nuit, mais c’est aussi pour leur vie en communauté que le téléspectateur regarde. L’aspect professionnel est un coup de pouce pour créer du suspense, des jalousies, des tensions. Là où d’autres émissions de téléréalité s’essoufflent et ne parviennent plus à trouver leur public, Banijay Productions et W9 ont maintenu une promesse d’émission claire et efficace, même après 3 années de diffusion et 7 destinations. La promesse – comprenez le but de l’émission et son fonctionnement – est ici de réussir à s’imposer professionnellement, à la fois individuellement mais aussi en tant que groupe : les Ch’tis. Le programme s’est dynamisé ces dernières saisons, grâce à l’apport professionnel qui a été renforcé. Désormais, si un participant n’est pas suffisamment investi ou professionnel, il est renvoyé chez lui. Ajoutez-y quelques soupçons de séduction, pimentez le programme avec des disputes amoureuses ou amicales, et vous obtiendrez ce cocktail équilibré entre enjeux professionnels et vie en communauté qui a permis au programme d’asseoir sa notoriété. Shogun Tonight !

Pourquoi cette septième édition est-elle particulièrement efficace ? Tout d’abord parce que la production a rajouté cette fois-ci des Belges, pour renouveler le casting tout en gardant le noyau dur des Ch’tis. On se trouve à mi chemin entre nouveauté et continuité. Elle parvient alors facilement à pimenter la vie en communauté et diviser les participants. La fatigue, l’échauffement des esprits permet très rapidement la formation de clans, entre Ch’tis et voisins belges. Une arme de succès quand on sait que le téléspectateur prend souvent position et quand on connait la réussite des « Ch’tis Vs Marseillais ». L’apport des belges est donc réussi dans son aspect de groupe : Ch’tis et Belges s’opposent, se disputent, parfois malgré eux. En revanche, pris dans leur individualité, les belges n’apportent pas suffisamment de valeur ajoutée au programme. On ne parvient pas à se passionner pour le couple Jordan-Marion. Sophie et Bilal indiffèrent, Geoffrey est transparent. Le seul à sortir du lot est Jérémie, qui, tout comme Adixia, semble avoir sa place dans la famille des Ch’tis. Mais d’autres éléments viennent rajouter de l’intérêt au programme : les visites des marseillais, mais aussi les nouveaux thèmes abordés, comme la grossesse, la jalousie de Jordan, les sentiments amoureux de Tressia ou encore d’Adixia.

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Le programme possède donc diverses ressources qui lui permettent de rencontrer le succès dans des destinations variées. En analysant ces points forts, Télédéculottée prend le contre-pied des critiques qui assaillent bien souvent  cette téléréalité particulière. L’émission des Ch’tis est sûrement celle qui attire le plus les critiques, fait couler le plus d’encre ou attise le plus de moqueries. Mais finalement n’y a t-il pas dans ces attaques une certaine facilité ? Car ces candidats ont un accent prononcé ou une mauvaise maîtrise du français, et qu’il est donc plus sûr de les citer quand on veut briller en société en alimentant une conversation anti téléréalité. Mais non, détrompez-vous, les Ch’tis ne sont pas plus bêtes que leurs acolytes d’autres émission de téléréalité, compagnons de booking en boîte de nuit ou de cet entre-soi qui caractérise ce milieu souvent décrié . Les Ch’tis ont donc bon dos, parce que se moquer du Nord est une valeur sûre. Pourtant, le programme n’est pas une caricature des nordistes. Si c’était le but initial de l’émission, ce n’est plus le fait de déplacer cette population Ch’timi dans un nouvel environnement qui est le moteur mais plutôt les candidats auxquels on s’attache et dont les péripéties intéressent. Alors nordistes ou non, la provenance géographique n’est plus le principal atout du programme. Il s’agit au contraire de la proximité affective, qui ne connait pas de barrières spatiales.

Pauline V.

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