Il était une fois… La première saison des Princes de l’Amour.

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Le programme s’achève et vient le moment de dresser le bilan. W9 réussit le pari de continuer à exploiter les recettes qui ont fait  le succès de  La Belle et ses Princes presque Charmants : mélanger des séducteurs – les beaux jeunes hommes aux corps sculptés – et des prétendants – le genre de personne sur qui on ne se retourne pas dans la rue, sauf pour s’en moquer. Dans cette émission de télé-réalité, la chaine veut mettre à plat les préjugés. Que l’on soit beau ou non, mince ou gros, séducteur ou prétendant, on peut trouver l’amour.

La production nous a donc déniché 6 Princes, 3 séducteurs et 3 prétendants, tous issus de La Belle et ses Princes presque charmants. Mais où est passé ce fameux « presque », disparu de l’intitulé ? C’est pourtant bien dans un programme comme  Les Princes de l’Amour que le mot, qui introduit la nuance, aurait tout  son sens. Car ces hommes sont loin d’être les héros d’un conte de fée.

Les prétendantes à la couronne défilent pour les conquérir, et chaque semaine 2 jeunes femmes se défient pour gagner le précieux sésame : le cœur de leur Prince. A moins que ce précieux sésame ne soit en fait un laisser-passer pour faire carrière dans la télévision ? Car l’objectif qui se cache réellement là-dessous est tout autre. Chacun est là pour tenter de percer dans ce milieu, en espérant trouver la pantoufle de verre qui lui permettra d’acquérir une notoriété et d’être démarché à nouveau pour d’autres émissions. On pense notamment aux Anges de la Téléréalité qui récupère les « talents » des autres programmes.

Le bal pour la couronne a duré 2 mois, et chaque prince a eu la terrible tâche de choisir qui serait l’élue de son cœur. Surprise ! On a finit par se prendre au jeu. C’est niais, enrobé dans des discours à l’eau de rose, des bouquets de fleurs et des lettres d’amour, mais cela plaît. Et c’est là qu’un personnage comme Anthony trouve tout son intérêt pour la production, bien que l’on aimerait qu’il chute de temps à autre de son piédestal. Mais que nenni !

Le programme ne s’est pas inspiré des contes uniquement dans sa présentation et dans son titre. Il en va de même pour les relations hommes-femmes qui sont montrées à l’écran. Les jeunes femmes préparent le petit-déjeuner, concoctent des surprises, et vont même jusqu’à masser le Prince. Que fait le Prince en retour ? Il les remercie d’un baiser. Mesdames, il a donc fallu des années de luttes féministes pour en arriver là! Le manque de sincérité et de spontanéité des candidats décrédibilise parfois le programme. On a du mal à croire aux belles paroles d’Anthony et c’est finalement ici l’arroseur arrosé: les Princes reprochent à leurs séductrices leur manque d’honnêté et leur préférence pour le soleil et les transats. Florian rappelle plusieurs fois à Anaïs qu’elle est là pour le séduire et non pas pour faire la fête et se méler des histoires des autres. Elle est venue pour lui, elle devrait passer son temps avec lui et pour lui. On est loin du conte de fée des temps modernes et de la femme émancipée.

Pourtant, le montage est bien rôdé, le suspense entretenu, et les péripéties sont au rendez-vous. W9 parvient à fidéliser une audience qui a besoin de croire que chacun a ses chances de trouver l’amour, et que le rêve est encore possible dans ce monde rempli d’inquiétude. Alors, au fil des deux mois de diffusion, on a espéré le « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » et on a savouré les rares moments de sincérité dans le programme.

Le chapitre se referme, il est temps de discuter du résultat. Le programme est parvenu à tenir la cadence et s’en sort mieux que Giuseppe Ristorante programmé au même moment sur NRJ12. Sûrement grâce aux candidats recyclés des programmes de W9, qui ont compris les ficelles du métier et savent faire opérer la magie. Sébastien met en valeur la famille et l’honnêteté, Benjamin entretient le suspense, Anaïs feint la légèreté et amuse. Quant à Giuseppe, reparti seul, il est finalement celui qui semble le plus vrai.

THE END

Pauline V.

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