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Télé Déculottée

La télé décryptée par Pauline

Mois

mars 2014

Les Anges de la Téléréalité, ce précieux trophée…#2

Dans notre premier article, nous avons montré que le cadre du tournage des Anges rendait la participation à l’émission attractive pour les candidats de téléréalité. Mais l’argument qui va suivre est tout aussi important. Lire la suite

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The Voice… Vous allez bientôt faire entendre votre voix !

Cette semaine, une surprise de taille a jailli du flux d’information continu qui encombre le web. En Italie, sur le plateau de The Voice, une candidate pas comme les autres s’est frottée au dos des quatre fauteuils rouges, reprenant le célèbre No One d’Alicia Keys. Enfin le concept des auditions à l’aveugle prend tout son sens : Sœur Cristina, oui, une bonne sœur, a littéralement mis le feu aux planches, acclamée par un public déchaîné, et saluée par un jury conquis. Une prestation spectaculaire, qui lui a même valu un twitt du Vatican. Lire la suite

Les Anges de la Téléréalité, ce précieux trophée… #1

ImageCrédits photos (La Grosse Equipe/ NRJ12)

Au fil de nos articles, le mot « téléréalité » est un terme que nous avons approfondi. En revanche, le mot « Anges » est encore inconnu à nos oreilles. Depuis quand les candidats de téléréalité sont-ils associés à des Anges ? Ils font la fête, mentent, boivent, draguent, mais la société de production La Grosse Equipe a choisi d’intituler son programme de cette manière, depuis déjà 6 saisons. Lire la suite

Du confessionnal au bureau de vote

 « La question n’est pas : qui va m’autoriser ? La question est qui va pouvoir m’arrêter ? » Richard Branson met en exergue ces questions inhérentes à l’ambition où rien ne parait s’assimiler à des obstacles. Bien au contraire, cela ressemble à des limites à franchir avec audace. Alors, après la télévision, pourquoi pas la politique, tant qu’on y est?

Cindy Lopes, candidate exubérante du reality-show de TF1 est sous les feux des projecteurs. Pour une love story à la une de Voici ? Pour des photos X en couverture de Lui ? Que nenni ! Ce sont des articles entiers dans le Nouvel Observateur, le Huffington Post… Cindy Lopez rejoint la sphère de la politique.

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Crédits photo LeParisien

Il faut préciser que François Jost, grand nom de la sociologie des médias, en réfléchissant aux facteurs de succès de la télé-réalité, avait pointé du doigt la défiance des citoyens vis-à-vis du pouvoir politique. Ainsi, nous, citoyens, trouvons, dans le fait de pouvoir voter pour des personnes anonymes à la télévision, un moyen de réagir face à cette confiscation de la parole, en propulsant qui bon nous semble dans la sphère publique. Sphère publique dont l’accès était, jusqu’alors, verrouillé. Ce qu’on remarque, c’est que cette analyse n’était pas dénuée de sens…

Retour en arrière. Cindy Lopes, la culottée de la bande de Secret Story affirmait avec vigueur ses positions féministe avec son « girl power ». On se souvient d’elle et son lait d’ânesse ou bien d’elle en train de s’énerver contre l’un de ses malheureux confrères. On se souvient aussi de sa petite baignade dans la piscine de la maison, nue. Elle plaidait pour que les femmes s’assument, pleinement. Mais, une fois éliminée et une fois l’émission achevée, après quelques brèves apparitions à quelques soirées sans trop d’importance, on l’oublie. Finis les primes de TF1, fini les clins d’œil à un Castaldi alors triomphant. Cindy redevient une citoyenne.

Alors, voilà, la Cindy d’aujourd’hui, c’est cette citoyenne, qui se pose en pin-up, qui intervient pour défendre sa liste divers droite dans la grande couronne parisienne. Elle est troisième de liste, et elle y croit.

Alors voilà, c’est Cindy, qui a fait les unes des magazines people d’un cynisme sans nom, qui revient sous les feux des projecteurs pour s’impliquer dans la vie publique.

A quand une politique au sens noble du terme ? A quand une politique au service de ses concitoyens où l’on ne remplace pas le verbe « servir » par « se servir » ? Cindy, une idée ? Après le « girl power », bientôt un « citoyen power » ?

Mathilde A.

Chère télévision, façonne-moi une image.

C’était en 2011. François-Xavier, dit FX, candidat de l’émission Secret Story, avait soudainement choisi d’arrêter de suivre le cours de sa vie, en se jetant sous les roues d’un véhicule. Il avait 22 ans. Un geste interprété comme le résultat d’un décalage entre la manière dont il était perçu par le public, et l’image qu’il pensait renvoyer. Décalage violent qu’il ne pouvait supporter, puisque le retour à l’anonymat l’avait brisé de l’intérieur. Nous sommes trois ans plus tard, nous avons oublié FX, et la téléréalité continue de propulser des individus anonymes sur le devant de la scène médiatique, pendant des périodes brèves. Nous y sommes, en quelque sorte, habitués.

         Mais voilà, ce jeudi 6 mars, un vent d’effroi a de nouveau soufflé. Un fait divers en provenance de la Corée du Sud a agité la chronique dans les médias du monde entier. La téléréalité a fait une nouvelle victime. Elle participait à un programme visant à trouver l’âme sœur, elle s’appelait Chun et était âgée de 29 ans. Elle a décidé de mettre fin à ses jours, et – le diable est dans les détails – s’est pendue avec le fil d’alimentation de son sèche-cheveux. En cause, la pression trop forte subie pendant le tournage, et l’image que donnaient d’elle les producteurs, dont elle n’était pas satisfaite.

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         Cette émission, « Jjak » en coréen, réunit pendant une semaine vingt candidats dans une maison qu’ils appellent « l’hôtel de l’amour ». Car leur but, c’est de trouver cet amour. Seulement voilà, ce n’est pas aussi simple : ils doivent participer à des défis soigneusement organisés par la production, où ils sont poussés à bout nerveusement, avec à la clef un rendez-vous galant. S’ils échouent, ils peuvent être exclus pour une durée déterminée de la collectivité. Évidemment, ils continuent pendant ce temps là à être filmés, de manière à ce que leur solitude puisse être partagée avec le pays entier.

         Chun était perçue comme solitaire, triste et impopulaire. Elle avait fait savoir, lors d’une conversation téléphonique avec sa mère, qu’elle ne pourrait jamais retourner vivre en Corée du Sud si l’émission était diffusée. Elle a fait ses adieux dans une lettre, où elle explique son geste et le sens qu’il faut lui donner.

A la suite de cet événement tragique, face aux critiques, à l’investigation policière, et à la déferlante de témoignages de candidats disant avoir été maltraités par la production, le tournage de l’émission s’est brusquement arrêté.

Alors, la téléréalité va-t-elle trop loin ? La mort de FX était-elle le signe annonciateur de dérives à venir ?

         Rassurons-nous tout de suite, la Corée du Sud est un pays très spécifique. Puissance économique en plein essor, on la connaît pour Samsung, Hyundai, ou encore LG. Mais on la connaît aussi pour son industrie culturelle à part entière, pour sa k-pop qui représente 4000 milliards de wons, et bien évidemment pour son gangnam style et son record de vue sur Youtube. Depuis peu, on la connaît aussi pour autre chose : son taux record de chirurgie esthétique, puisqu’une femme sur cinq y a recours. Et comme la téléréalité a le don de s’inspirer des tendances sociétales, voici qu’une émission, « Let me in », a propulsé cette pratique sous les projecteurs. Il est vrai qu’on connaissait déjà Extreme Makeover, production américaine diffusée sur ABC, qui avait déjà navigué sur les eaux tumultueuses de la chirurgie esthétique. Cependant l’émission coréenne va vraiment très loin. Le principe est simple : un appel à candidature est lancé dans tout le pays. Et, parmi la foule qui se présente au casting, seules quelques unes des jeunes femmes pourront bénéficier de l’intervention d’un prestigieux chirurgien. Pour être sélectionnée, rien de plus simple : raconter avec toute l’émotion et la douleur possible les souffrances qu’engendrent un physique non avantageux. Car dans une société où l’apparence a pris une telle ampleur, le fait de ne pas être satisfait de soi provoque le désintérêt des autres. Les moqueries. Les critiques. Et le mal-être s’installe. Plus le jury perçoit la dépression aiguë des candidates, et plus ces dernières ont de chances de participer à cette aventure qui changera définitivement leur vie. Une fois opérées, elles sont enfermées dans un appartement, et sont filmées durant leur convalescence. Lorsque l’on découvre le résultat, ce sont de véritables poupées aux visages absolument parfaits, des visages pratiquement identiques, alors que les candidates ne se ressemblaient pas du tout avant les opérations. On a gommé tout ce qui faisait leur identité. D’ailleurs, une mère de famille avait reçu sur le plateau son plus jeune fils, une fois sa transformation effectuée. Ce dernier ne l’avait pas reconnue.

Là, il ne s’agit plus de passer par la télévision pour se créer une image sociale, il s’agit d’utiliser ce média pour devenir quelqu’un d’autre, physiquement, et c’est irréversible. On ne change pas l’image, on change le réel.

Let me in - before/after

Alors, on se dit que tant que la chirurgie esthétique n’est pas aussi démocratisée dans notre cher pays, nous ne risquons pas de faire face à ce type d’émission. Que notre industrie du divertissement n’atteint pas les sommets de la Corée du Sud, et que, malgré les critiques fustigeant la téléréalité, nous avons tout de même une certaine mesure dans la manière de produire nos programmes de flux. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de s’inquiéter, car les formats évoluent et s’exportent… La France résistera-t-elle ?

Magali G.

Direction Rio

Lundi, 18H20. Je me tiens prête devant la télévision.

Après la présentation interminable du programme – chez W9, c’est un grand classique – la musique «Don’t forget me baby » (Te fuiste de Jose de Rico et Henri Mendez)  retentit et nous emmène vers les plages de Copacabana avec Les Marseillais à Rio.

Le Principe ?

Une dizaine de jeunes Marseillais partent dans une ville étrangère connue pour ses festivités et ses boîtes de nuit. Ils sont danseurs, barmen, DJ, serveurs, organisateurs de soirées et souhaitent rencontrer le succès dans leur ville de destination.

Image(crédits photos Public) 

Voici le premier épisode de cette nouvelle saison qui débute. Mon dictionnaire Marseillais – Ch’ti en place, je suis prête à décortiquer tous les moindres changements.

On nous présente Charlotte, une jolie plante blonde qui tentera de percer dans la danse et le mannequinat, de même que les deux nouveaux garçons. Quand à Merylie, venue pour reconquérir Julien, elle sera barmaid à Rio.

Shanna et Thibault sont les grands absents cette année, mais le reste de l’équipe est au rendez-vous. Il y a un an et demi, lorsque les aventures des Marseillais ont débuté sur W9, en vraie nordiste que je suis, je pensais qu’elles n’égaleraient jamais celles des  Ch’tis. Mais Antonin, Paga, Julien, Stéphanie et les autres y sont pourtant parvenus.

Alors, quelles différences y a-t-il entre les 2 groupes, outre le fait qu’ils soient à l’opposé sur le territoire français ?

–       Les Ch’tis, depuis qu’ils se sont rencontrés à Ibiza, se pensent davantage comme une famille, résistant à la voir s’élargir et à y accepter de nouveaux entrants. Les filles auraient-elles peur de se faire voler la vedette par de nouveaux participants ? Ou alors cette question autour de « la famille des Ch’tis » est-elle l’unique moyen d’attirer de l’audience ? Lors de leur voyage à Hollywood, les péripéties  se centraient en grande partie sur l’éloignement d’Hillary et Vincent du reste du groupe et des divisions au sein de la « famille ».

–       A l’inverse, le noyau de départ des Marseillais est moins solide et davantage enclin à de nouvelles arrivées. Les têtes changent chaque année. Individualistes, ils ne constituent pas de clans et l’aventure n’est pas organisée autour d’une lutte des factions.

–      Entre Ch’tis et Marseillais, l’humour diffère. Les Ch’tis s’émerveillent de tout, rigolent de choses simples et font des blagues bon enfant, tandis que les Marseillais vont plus loin et n’hésitent pas à toucher les limites de l’acceptable.

–       Les Ch’tis sont attachants pour leur simplicité, leur accent, leur remarques stupides tandis que les Marseillais nous amusent par leur manière de se pousser les uns les autres à bout, leurs phrases alambiquées, leurs déguisements farfelus, mais toujours drôles. A titre d’exemple, dans le deuxième épisode des Marseillais à Rio, Paga et Antonin amusent leur public en déplaçant l’armoire de la future chambre des filles pour cacher l’entrée de la salle de bain et faire croire à celles-ci qu’elle n’existe pas !

–       Chez les Ch’tis vous n’entendrez pas les mots « cagole », « fraté », « marronner » ou encore « plein y’en a assez » , tandis que chez Les Marseillais, vous passerez à côté de « shogun tonight », « double fuck » ou « chabert». En outre, vous n’aurez pas droit à une division entre « team vipère » et « team shogun »!

Alors, que retirer de cette première semaine ? Copacabana, le soleil, la mer, le carnaval de Rio…tout est mis en oeuvre pour nous détendre face à ces images paradisiaques. On apprécie le changement de comportement et la prise de maturité de certains candidats, qui n’en perdent pas pour autant leur humour. Julien, qui pouvait énerver par son comportement « borderline » dans les saisons précédentes, semble désormais prêt à s’investir dans son travail de barman à Rio et dans sa relation amoureuse avec Jessica. L’absence de Shanna et Thibault est moins ressentie que ce qu’on aurait pu craindre, et les nouveaux participants comblent le vide avec succès.

Etes-vous prêts pour une escapade brésilienne?

Pauline et Florian.

L’utopie, vous en rêviez ? John de Mol vous y mène.

Si la tele-réalité alimente, depuis plusieurs années, les conversations autour de la machine à café, elle se veut maintenant instigatrice de la philosophie politique.

Utopia, Endemol

Si je vous dis Utopia ? L’intellectuel qui sommeille en vous répondra Thomas Moore, ou fera allusion au réquisitoire de George Orwell. Aldous Huxley aussi, peut-être, pourrait surgir dans les débats. Mais le téléspectateur assidu, que vous êtes très certainement, prendra le relais et lancera, d’un air habitué et peut-être même blasé «ah !  Encore cette émission ! ». Non, vous ne rêvez pas, Utopia est bien le nom qui a été attribué à une émission de télé-réalité. Ce lieu idéal, inaccessible (u-topia) qui a fait l’objet de maintes et maintes discussions par les plus grands au fil des siècles, tant la notion est difficile à concevoir. Si, par essence, elle n’a pas trouvé de version officielle sur terre, la télévision nous propulse dans ce monde inaccessible auquel nous aspirons.

Quand le refrain, fredonné par la voix off d’M6, nous indiquait que « deux mois dans le loft, ça change toute une vie », qu’en est-il de se retrouver pendant un an avec de parfaits inconnus dans un hangar avec le minimum vital ? Car oui, c’est là que le projet prend tout son sens : l’émission dure une année entière. Alors, c’est vrai, ils n’ont pas qu’un hangar, les candidats disposent également de terres, d’un accès à l’eau et à l’électricité. En outre, ils ont aussi le droit au téléphone portable, ce qui est une entorse aux règles strictes des émissions d’enfermement, censées empêcher tout contact avec l’extérieur. Une somme d’argent est aussi mise à leur disposition. Evoquons enfin les quelques poulets et vaches qui leur tiennent compagnie.

Direction les Pays-Bas, d’où est originaire John de Mol, sans qui la télé-réalité ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. D’ailleurs, elle n’aurait peut-être pas existé du tout. Co-fondateur d’Endemol, on ne précise plus qu’il est à l’initiative de nombre de programmes de flux à commencer par Big Brother, tournant historique dans l’histoire des programmes télévisuels. Notons qu’avec Big Brother, il faisait déjà un petit clin d’œil à la philosophie d’Orwell. Habile, puisque ce choix de titre lui permettait, avant l’heure, de détourner les critiques voyeuristes qui lui seraient adressées par la suite. Néanmoins, on décelait déjà l’envie, pour ce génie du divertissement, de faire de la télévision non plus un simple média, mais le révélateur de la nature humaine.

Utopia, c’est une fois encore, le moyen de renouveler ce genre malléable qu’est la télé-réalité. On est lassé des émissions d’enfermement, qui ont fait leurs preuves, et dont l’audience décroit. Désormais, il faut être plus extrême. Il faut oser. Proposer des concepts qui témoignent que la télévision a intégré les critiques de vacuité qui lui étaient adressées. Pour John de Mol, dont l’imagination est inépuisable, l’idée s’est imposée d’elle-même. Alors, Utopia, c’est presque une expérience scientifique.  Du moins c’est ce qu’elle paraît être, aux yeux du téléspectateur.

Néanmoins, et comme dans toute émission de télé-réalité qui se respecte, un  par un, les quinze candidats, choisis bien entendu en fonction de critères propres aux équipes de production, peuvent être contraints de quitter l’aventure. Et oui, tous les mois, un de ces Robinson Crusoé des temps modernes sera remplacé par un autre pour concevoir cette société idéale, sous les 98 caméras auxquelles rien n’échappe. De quoi réintroduire de la stimulation pour le téléspectateur. Fidèlement aux principes de la télé-réalité, il est possible, 24 heures sur 24, pendant une année, de suivre les aventures en temps réel des candidats, en se rendant sur le site internet de la chaine. L’émission a été lancée le 1er janvier 2014 sur la chaine néerlandaise SBS6, et rien qu’avec le premier épisode, l’audience était à 21% !

Alors, John de Mol, quelle sera la prochaine société que vous nous proposerez ?

Mathilde A. et Magali G.

Prince presque charmant cherche Amour ou Notoriété

 Il était une fois… La première saison des Princes de l’Amour.

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Le programme s’achève et vient le moment de dresser le bilan. W9 réussit le pari de continuer à exploiter les recettes qui ont fait  le succès de  La Belle et ses Princes presque Charmants : mélanger des séducteurs – les beaux jeunes hommes aux corps sculptés – et des prétendants – le genre de personne sur qui on ne se retourne pas dans la rue, sauf pour s’en moquer. Dans cette émission de télé-réalité, la chaine veut mettre à plat les préjugés. Que l’on soit beau ou non, mince ou gros, séducteur ou prétendant, on peut trouver l’amour.

La production nous a donc déniché 6 Princes, 3 séducteurs et 3 prétendants, tous issus de La Belle et ses Princes presque charmants. Mais où est passé ce fameux « presque », disparu de l’intitulé ? C’est pourtant bien dans un programme comme  Les Princes de l’Amour que le mot, qui introduit la nuance, aurait tout  son sens. Car ces hommes sont loin d’être les héros d’un conte de fée.

Les prétendantes à la couronne défilent pour les conquérir, et chaque semaine 2 jeunes femmes se défient pour gagner le précieux sésame : le cœur de leur Prince. A moins que ce précieux sésame ne soit en fait un laisser-passer pour faire carrière dans la télévision ? Car l’objectif qui se cache réellement là-dessous est tout autre. Chacun est là pour tenter de percer dans ce milieu, en espérant trouver la pantoufle de verre qui lui permettra d’acquérir une notoriété et d’être démarché à nouveau pour d’autres émissions. On pense notamment aux Anges de la Téléréalité qui récupère les « talents » des autres programmes.

Le bal pour la couronne a duré 2 mois, et chaque prince a eu la terrible tâche de choisir qui serait l’élue de son cœur. Surprise ! On a finit par se prendre au jeu. C’est niais, enrobé dans des discours à l’eau de rose, des bouquets de fleurs et des lettres d’amour, mais cela plaît. Et c’est là qu’un personnage comme Anthony trouve tout son intérêt pour la production, bien que l’on aimerait qu’il chute de temps à autre de son piédestal. Mais que nenni !

Le programme ne s’est pas inspiré des contes uniquement dans sa présentation et dans son titre. Il en va de même pour les relations hommes-femmes qui sont montrées à l’écran. Les jeunes femmes préparent le petit-déjeuner, concoctent des surprises, et vont même jusqu’à masser le Prince. Que fait le Prince en retour ? Il les remercie d’un baiser. Mesdames, il a donc fallu des années de luttes féministes pour en arriver là! Le manque de sincérité et de spontanéité des candidats décrédibilise parfois le programme. On a du mal à croire aux belles paroles d’Anthony et c’est finalement ici l’arroseur arrosé: les Princes reprochent à leurs séductrices leur manque d’honnêté et leur préférence pour le soleil et les transats. Florian rappelle plusieurs fois à Anaïs qu’elle est là pour le séduire et non pas pour faire la fête et se méler des histoires des autres. Elle est venue pour lui, elle devrait passer son temps avec lui et pour lui. On est loin du conte de fée des temps modernes et de la femme émancipée.

Pourtant, le montage est bien rôdé, le suspense entretenu, et les péripéties sont au rendez-vous. W9 parvient à fidéliser une audience qui a besoin de croire que chacun a ses chances de trouver l’amour, et que le rêve est encore possible dans ce monde rempli d’inquiétude. Alors, au fil des deux mois de diffusion, on a espéré le « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » et on a savouré les rares moments de sincérité dans le programme.

Le chapitre se referme, il est temps de discuter du résultat. Le programme est parvenu à tenir la cadence et s’en sort mieux que Giuseppe Ristorante programmé au même moment sur NRJ12. Sûrement grâce aux candidats recyclés des programmes de W9, qui ont compris les ficelles du métier et savent faire opérer la magie. Sébastien met en valeur la famille et l’honnêteté, Benjamin entretient le suspense, Anaïs feint la légèreté et amuse. Quant à Giuseppe, reparti seul, il est finalement celui qui semble le plus vrai.

THE END

Pauline V.

Et toi ? T’as viré qui ?

La télé-réalité américaine « Does someone have to go » laisse les pleins pouvoirs aux employés quitte à être renvoyé sous les feux des projecteurs.

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« Les faibles préférent le calme de la dictature à l’ouragan de la liberté. » Cette phrase restée célèbre de Thomas Jefferson met en lumière les aspirations de l’individu : oser s’affirmer, s’affranchir, pour grandir et se révèler.  Avançons dans le temps, nous voici à présent en 2013, les aspirations des individus sont identiques mais le climat n’est guère le même.

Crise sociale, économique, financière, les citoyens se rattachent à ce qu’ils ont, ou du moins croient se rattacher. Le petit écran nous mène, encore une fois, vers les ressorts cyniques et complexes de l’homme. Direction le monde entrepreneurial depuis son poste de télévision.

Le 23 mai 2013 est lancé le premier des six épisodes de « Does someone have to go ? » diffusé sur la très conservatrice Fox.

Pendant 48 heures, les employés ont le droit à la parole, ils disposent d’un pouvoir limité dans le temps confié par leurs dirigeants. Ils peuvent prendre toutes les décisions de leurs choix et même renvoyer l’un des leurs pour faire face aux dysfonctionnements  de l’entreprise. Ainsi lorsque Dema Barakat et Danoush, fondateurs de Velocity Merchant Services (VMS) informent leurs employés de leur départ pendant 2 jours, l’enthousiasme est au rendez-vous. Ca y est, ils vont enfn prendre le pouvoir et devenir le chef ! De nouveau, la très puissante Endemol USA est aux manettes avec le CEO Cris Abrego pour présenter ce programme où seuls les employés sont mis sur la sellette. Hors de question de critiquer l’action managériale, bien au contraire ! Les employés sont scrupuleusement choisis, forts de leur personnalité comme dans toute émission de téléréalité qui se respecte.

S’ils ont mis en évidence et sursignifié leur pouvoir éphémère sous les paillettes et la reconnaissance médiatique pendant 48 heures, c’était pour se penser en héros télévisuels. Au bout de quelques jours, la notoriété s’affadit doucement et le protagoniste du star-system redevient un travailleur, laissant derrière lui cette parenthèse médiatique et cynique, s’il n’a pas été entre temps renvoyé devant des millions de spectateurs voyeuristes…

Ah, vivement une nouvelle journée de travail !

Mathilde A.

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